Biographie



 

 

 

Le groupe est fondé en 1976 et donne son premier concert le 10 décembre 1976. Éric Débris, Ricky Darling et Zip-Zinc fondent alors un premier groupe avant Métal urbain, un groupe qui ne dure que le temps de deux répétitions et portait le nom de « De Sade »

 

Au début sans chanteur, le groupe va recruter Clode Panik au micro juste parce qu'il est leur pote et a une dégaine qui leur convient. Le groupe fait son premier concert dans la salle du Golf-Drouot et ils n'ont alors que cinq chansons de prévues : No Fun, Snuff movie, Métal urbain, Lady Coca-Cola et enfin une reprise en français de Anarchy in the U.K. des Sex Pistols. Le concert est alors interrompu au bout de trois chansons à la suite d'une bagarre entre les différents groupes du public : d'un côté les habitués du Golf-Drouot, venus écouter de la musique calme, de l'autre les amis du groupe, dont des membres d’Asphalt Jungle.

 

Juste avant l'enregistrement de leur premier 45 tours, le guitariste Ricky Darling quitte Métal urbain pour se consacrer uniquement à son autre groupe, Asphalt Jungle. Il est alors remplacé par Hermann Schwartz et Pat Lüger.

 

Tranchant par un son explosif, une image radicale et ses textes volontairement très subversifs, le groupe sort quelques singles et un album, rencontrant un accueil enthousiaste en Angleterre, notamment chez John Peel et auprès du label Rough Trade. En France, Métal urbain a du mal à dépasser la frange des premiers fans du punk-rock, mouvement underground dont la vitalité est méprisée par les médias français (même par les médias rock). Cela conduit à la séparation du groupe, au tout début des années 1980, certains membres tentant de se consacrer alors à une reformation du groupe sous divers autres noms (« Les Métal Boys », « Doctor Mix & The Remix »), sans toutefois y parvenir. Les albums et singles produits par ces deux autres entités musicales sont souvent considérés par erreur comme des albums à part entière de Métal urbain. Certains morceaux sont même attribués aléatoirement à l'une ou l'autre entité musicale en fonction des compilations.

 

Les titres phares du groupe sont Panik, Paris Maquis, Hystérie Connective et Crève salope (Ce dernier titre étant écrit en réponse à Philippe Manœuvre, alors critique chez Rock & Folk, pour avoir descendu le groupe).

 

Métal urbain s'est reformé en 2003. Cette nouvelle formation comporte dans un premier temps Éric Débris, Hermann Schwartz et Charlie H (Départ de Charlie H en janvier 2004), rejoints par la suite par Vott et Jérôme Solo. 

 

 L'approche « électro punk » du groupe Métal Urbain, très novatrice en son temps, en a fait une référence pour des groupes comme The Jesus and Mary Chain, Bérurier Noir (avec la boîte à rythmes), ou encore pour le producteur Steve Albini. Jello Biafra, connu notamment pour ses succès avec les Dead Kennedys, considère lui aussi Métal urbain comme un groupe majeur et novateur, pour lui comme pour d'autres groupes américains.

 

Après deux nouveaux albums sortis en 2006 et 2008, Métal Urbain cesse ses activités au début des années 2010, Eric Débris décidant de quitter la France pour s'installer au Texas, Aucun communiqué officiel sur une éventuelle séparation du groupe n'a cependant été diffusé.

 

 

Membres du groupe

 

Membres actuels

 

          Éric Débris (Éric Daugu): chant, machines (depuis 1976)

          Hermann Schwartz (Jean-Louis Boulanger)  : guitare (depuis 1977)

          Vott : guitare (depuis 2003)

          Jérôme Solo : machines (depuis 2004)

 

Anciens membres

 

          Clode Panik (Claude Perrone): chant (1976-1978)

          Rikky Darling (Éric Feidt): guitare (1976-1977 / 1984-1987)

          Pat Lüger (Patrick Boulanger): guitare (1977-1980)

          Zip Zinc (Jean-Pierre Zing): machines (1976-1977 / 1984-1987)

          Charlie H (Charles Hurbier): machines (1979-1980 / 1984-1987 / 2003)

          T.G. Parker (Guy Teixeira) : machines (2003)

 

Discographie

 

 

 Singles

 

          1977 : Panik / Lady Coca Cola

          1977 : Paris Maquis / Clé De Contact

          1978 : Hystérie Connective / Pop Poubelle

 

Albums et compilations CD

 

Métal urbain n'a jamais publié de véritable album studio avant l'année 2006. Les albums sortis avant cette date sont donc la plupart du temps des compilations de singles sortis précédemment.

 

 •        1981 : Les hommes morts sont dangereux (premier « album » officiel / en réalité une compilation de singles et d'inédits)

         1985 : L'Âge d'Or (compilation, New Rose Records)

         2003 : Chef d'Oeuvre (anthologie 2 CD)

         2004 : Anarchy In Paris (compilation US)

         2006 : J'irai chier dans ton vomi (premier véritable album studio, produit par Jello Biafra)

         2008 : Crève Salope (mini album 8 titres de réenregistrements / contient également huit clips vidéos réalisés par Ovidie)

         2008 : Anthologie 77-79 (box set anthologique 3 CD, regroupant également des titres de Métal Boys et de Doctor Mix & The Remix)

         2010 : Rock Hair Demos 78 (compilation de démos inédites)

 

 

 Interview Sylvain Lasco avec Eric Débris

 

 

Les machines utilisées pour Lady Coca Cola étaient donc "fabriquées" par Zip Zinc... Le simple fait de programmer une boite à rythme était plutôt considéré comme un casse-tête à l'époque ! Quelle formation avait Zip Zinc ? Électricité, électronique, ou juste un bidouilleur talentueux et obstiné ?

 

 Zip Zinc avait fait des études en électronique ce qui évidement l'a aidé dans la fabrication de ces synthés rudimentaires.

 

Qui a écrit le texte de Lady Coca Cola ?

 

J'ai écrit le texte de Lady Coca Cola

 

 Qui joue sur l'enregistrement studio ?

 

Rikky Darling et Hermann Schwartz guitares (sur la face A : Panik on trouve Rikky et Pat Luger) Zip Zinc et moi-même machines, Clode Panik voix lead et Miss OD chœurs.

 

 Qui fait la voix féminine ? Miss O.D ? Qui était-elle ?

 

La chanteuse du groupe Contingent Anonyme, elle trainait avec nous et Asphalt Jungle.

 

Qui est Richard Pinhas crédité en remerciement sur la pochette du 45t ?

 

Richard Pinhas est le leader guitariste du groupe Heldon, également signé chez Cobra à l'époque, un des rares propriétaires d'un systeme Moog modulaire (P3) il nous l'a prêté pour l'enregistrement, nous l'avons utilisé sur un titre qu'a n'a pas finalement été utilisé.

 

Comment furent enregistrés les machines et synthé en studios, par micros, amplis... ? Cela a-t-il été un casse-tête pour la mise en place et le mixage des instruments ? Anecdotes de studio autour de l'enregistrement de ce titre ?

 

Pour Lady Coca Cola il y a eu une tentative de reprogrammation de nos machines analogiques très instables et d'utilisation du Moog de Pinhas, mais nous nous sommes vite rendu compte que cela ne sonnerait jamais comme le premier enregistrement. Un rapide aller-retour en taxi et c'est l'enregistrement original sur cassette qui a été utilisée. J'ai rajouté comme en live quelques sons avec mon synthé EMS AKS et le tour était joué, place aux guitares qui furent enregistrées avec un Fender Vibro Champ et un autre mini ampli, probablement italien qui avait été dévolté (220 volts sur du 110) afin d'être plus distordu.

 

 Quelles étaient les particularités de ces machines "bricolés" pour obtenir quasiment un son "unique" que l'on ne retrouvait pas sur d'autres machines standards du commerce ?

 

 Ces synthés étaient un assemblage d'oscillateurs et de filtres comme les synthés de marques, qui eux aussi ont un son unique selon les fabricants, Moog, ARP, EMS etc. Assemblés avec des composants un peu plus cheap et mois stables que ceux de chez Moog par exemple, nos machines étaient encore plus instables que lesdits Moog.

 

Que sont devenus toutes ces machines et synthés au court du temps ? ont-elles été vendus, servis pour d'autres projets, d'autres groupes ?

 

Le matos de Zip Zinc a survécu sous d'autres formes, démonté, remonté, dessoudé, ressoudé, il possède toujours un studio rempli de synthés. J'ai revendu mon Synthé AKS à un mec qui ne sachant pas s'en servir a fini par le revendre à un journaliste de Guitares et Claviers qui le lui acheté parce qu'il m'avait appartenu.

 

Ces claviers et machines "instables" donnent finalement au son un ressenti presque "organique"... vivant. Etait-ce prémédité et voulu, puisque vous auriez pût vous contenter de synthés ou machines "toutes prêtes" à l'emploi ?

 

Tous les synthés analogiques sont instables par nature, le son et d'autres paramètres vont changer selon le temps qu'ils sont allumés, comme les amplis à lampes. Le seul synthé près à l'emploi qui était dans nos moyens était le Synthé AKS de chez EMS, je l'ai acheté en utilisant l'argent d'une assurance après la mort de mon père.

 

En comparant la musique dite "industrielle" du milieu des 70's allemandes et britanniques, n'y a-t-il pas un caractère plus "précis" et "calculé" chez les allemands comparativement justement à cette "instabilité organique" de musiques comme celles de Cabaret Voltaire ou Throbbing Gristle ? Connaissiez-vous le travail de ces groupes et ces recherches (utilisant aussi des machines électroniques) de l'autre côté de la manche du temps de la création même de Lady Coca Cola ?

 

 La musique dite industrielle est apparue après nous et les groupes comme Cabaret Voltaire, avant il y avait des allemands qui faisaient des trucs plutôt planants, Tangerine Dream etc. Nous les connaissions mais c'est justement parce qu'ils ne faisaient pas de rock avec leur machines que nous avons décidé d'en faire. Ils avaient une mentalité de hippie, et cherchaient à faire de jolis sons...

 

Cabaret Voltaire était aussi signé chez le label Rough Trade, un titre assez "punk-rock-indus" comme "Nag Nag Nag" (différent de leurs titres antérieurs) datant de 1979 aurait il put être influencé par votre titre Lady Coca Cola ? Cabaret Voltaire connaissait il votre musique, les musiciens vous ont-ils contactés suite à votre 1er 45t ?

 

 Nous n'avons jamais su s’ils avaient été influencés par nous. Ils font partie de ces quelques groupes un peu élitistes de chez Rough Trade qui ne parlaient pas aux rockers, comme ces prétentieux du Pop Group.

 

Avais-tu étudié le piano et le solfège dans ton enfance ou adolescence avant de jouer du synthé au sein de Métal Urbain ? Où as-tu appris d'une façon intuitive et empirique en écoutant d'autres groupes, et lesquels... ?

 

 J'ai étudié le solfège et la guitare classique, mais l'aventure m'a vite gavé, j'avais envie d'apprendre à jouer d'un instrument pour faire du rock et créer, pas pour jouer en lisant une partition comme un petit singe les "œuvres" de compositeurs morts. Je me suite vite aperçu que je n'avais pas la patience d'apprendre à jouer d'un instrument, je suis comme Brian Eno, je suis un escroc, les machines me vont très bien et pour les trucs plus compliqué, je me sers de musiciens pour créer la musique que j'ai dans la tête.

 

 

Connaissiez-vous le "Métal Machine Music" de Lou Reed sorti en 1975, qui, quoi que l'on en pense, fut un "objet" marquant par sa radicalité et sa volonté de destruction des formes "classiques" de la musique... allant par-là plus "loin" que les dodécaphonistes et autres "concrêtistes" qui l'on précédé... Ces derniers proposaient un élargissement du spectre harmonique, Lou Reed prônait quasiment son annihilation... Ce disque est-il finalement le "père" du mouvement punk ? À savoir un coup de pied dans la fourmilière juste pour observer ce qui se passe ? Le fait que les fourmis reconstruisent inlassablement derrière est bien sûr un autre sujet...

 

  Oui bien sûr, je crois me rappeler que Zip Zinc l'avait acheté. Ce disque n'a pas grand-chose à voir avec le mouvement Punk, c'est plutôt une démonstration qu'avec le bon contrat on peut livrer n'importe quoi à sa maison de disque...

 

Comment fut accueillie Lady Coca Cola par d'autres musiciens "célèbres" de cette époque ? Par exemple, les Sex Pistols ont-ils commentés votre musique ?

 

 Les réactions positives à notre musique venaient plutôt des USA, via des groupes comme Crime. En Angleterre on était perçus comme des concurrents sérieux, playlisté par John Peel et surtout une réputation de groupe live au niveau des groupes phares, d'où entre autre la très grande difficulté à décrocher des première parties.

 

Quel a été ton propre sentiment lorsque tu as entendu le résultat de l'enregistrement studio de Lady Coca Cola ? Et le fait aussi que ce 1er 45t trouve un réel public en GB ? Certainement une grande fierté ? Comment avez-vous vécu ce succès dans les semaines qui ont suivi la sortie du disque ?

 

Le résultat correspondait exactement à nos attentes que ce soit pour la face A Panik que pour Lady Coca Cola. Quant au succès... les choses furent un peu plus compliquées que prévues. Le disque sort fin mai, trop tard pour faire bouger quoi que ce soit avant le début des vacances, la France s'arrête quasiment pendant deux mois à l'époque. De plus dans la foulée il y a embrouille entre notre maison de disque Cobra et son distributeur SonoPresse, qui au passage tentera de nous récupérer en direct. Ils ne signeront avec un nouveau distributeur que courant septembre ou octobre.

 

Quelle est la "petite histoire" concernant la vidéo filmée de LCC datée de 1977 que l'on trouve sur YouTube ? Panik et LCC semblent avoir été filmé durant la même séance ?

 

 C'est une émission de télé, le seul plateau que nous ayons fait en promo. Il avait une quotidienne qui s'appelait Aujourd'hui madame, avec une première partie un peu plus "culturelle" Aujourd'hui magazine, nous sommes passé dans cette première partie pour "illustrer" un sujet/débat sur le mouvement punk. Panik vient de la même émission…