Blue Flower


Biographie


 


 

Née le 26 avril 1976 à Arcata en Californie, Brisa Roché est une chanteuse d'origine américaine résidant parfois en France à Paris. Elle chante quasi-principalement en anglais.
Brisa Roché a passé son enfance en Californie et sa carrière musicale actuelle s'est forgée grâce à ses performances dans les bars jazz de Saint-Germain-Des-Prés.
Son premier album, « The Chase », en 2007, se situe dans le prolongement de cette expérience, avec ses tonalités jazz. L'album a été salué par la critique, notamment française.
Elle décide ensuite de retourner dans sa ville natale, Arcata en Californie, pour y écrire la plus grande partie de son deuxième album,  « Takes » chez le label indépendant Discograph, dans lequel elle abandonne volontairement le jazz au profit de la pop-folk.
Fin 2007, elle s'adjoint les services de musiciens lillois (Jay in Space, Lena Deluxe, Pirzo, Richard Horon) pour sa tournée française en 2008. Festival des Vieilles charrues, festival de jazz de Montreux...
Fin 2008, elle emmène ses musiciens de l'autre côté de l'Atlantique chez elle en Californie pour créer un nouvel album. Quelques mois après, c'est à Hudson, près de New York, que l'enregistrement a lieu.
Elle sort, en novembre 2012, un album de reprises, en trio, The Lightnin 3, avec Ndidi Onukwulu et Rosemary Standley du groupe Moriarty.
Participation remarqué en tant qu’actrice et compositrice en 2013 pour 2014 à la bande originale du film Yves Saint Laurent au côté d’Ibrahim Maalouf.

 

   


Site internet de Brisa Roché : http://www.brisaroche.com/

 


Mystery man (lyrics)


I know I mesmerize you baby
Like the robbers do the cop
But hush I’m not the girl for you
A robber like me you should drop
Hush hush I can’t help it
If on every second night
I’m out to hunt some mystery
Although your arms feel right


Mystery, man, mystery man oh man
Drop me now pretty baby if you can
Mystery, man, mystery man oh man

Drop me now pretty baby if you can
If you can


You know I like to kiss your whiskey lips
Go straight to the vein
But I’ll be out for mystery
Just the same
Hush hush violet evening
With the town laid out like jewels
Leave me now as I cha-cha-cha
Go now or be my fool


Mystery, man, mystery man oh man
Drop me now pretty baby if you can
Mystery, man, mystery man oh man
Drop me now pretty baby if you can
If you can, if you can

 

 

Interview Sylvain Lasco et Brisa Roché :

 


Pourrais-tu me dire qui, et où se place celui qui écrit le texte ?


En fait c'est une femme qui parle à son homme- je fais souvent exprès de dessiner des situations avec les rôles des sexes inversés. Mais ce morceau est très personnel, et comme dans presque tous mes morceaux, c'est vraiment moi qui parle, et je parle à mon homme, ou à mes hommes, ou aux hommes qui sont amoureux de moi, et je dis que l'inconnu m'appellera toujours, sous la forme d'aventure pure ou sous la forme d'un "homme inconnu" qui restera toujours trop puissant pour moi, et d'ailleurs, je ne m'excuse pas de ne pas résister.
Le premier album a eu des complications de contrôles artistiques dures à avaler, et surtout l'aspect pratique a été tellement malmené (je ne dis même pas le mot "organisé) que ça a eu des effets sur les morceaux, sur mes interprétations, sur les arrangements, sur même le temps de composer à l'origine! Beaucoup de temps et d’énergies gaspillés sans raison... Mais un jour je l'aimerai, surement, et je suis ravie de la réception qu'il a eu qui m'a permis la suite! Même, je rêve maintenant de revenir comme au premier album!


J’ai quelques questions concernant cette "fameuse" guitare avec laquelle tu apparais très souvent dans les clips. J'aimerai connaitre son "histoire" ! Où l'a tu acheté? Depuis combien de temps l'as-tu ?


C'est la première guitare de ma vie que j'ai choisi moi-même, vers Pigalle au moment de signer chez Blue Note. Je l'ai trouvé très belle, j'ai craqué pour sa forme et sa sonorité, sans imaginer combien mon choix de guitare allait surprendre! Car depuis, les gens la trouve étonnante dans mes bras. C'est une Ibanez "Destroyer", modelé après l’Explorer de Gibson.
C'est drôle, car les gens de Gibson m'ont offert une Explorer blanche après, magnifique, mais j'ai préféré mon Ibanez et au lieu de me soumettre au deal avec Gibson (en gros d'être toujours vue et prise en photo avec), je l'ai simplement rendu.

 

Qui t'a appris à jouer de la guitare, et à quel âge as-tu commencé ? Jouais-tu d'un autre instrument avant la guitare ? As-tu "beaucoup" de guitares en ta possession (comme certains guitaristes "collectionneurs) ? Que recherches-tu avant tout dans le son d'une guitare ?


Les guitares d'avant avaient été des cadeaux, toujours par des hommes… Et c'était émouvant de m'acheter enfin une guitare à moi. Sinon, je ne suis pas fanatique de guitares. J’ai une acoustique "de merde" que je garde chez mes parents, puis j'ai mon acoustique Breedlove que j'ai peint et que j'adore puis une mini Martin noir, géniale, et puis j'ai une basse.
J'ai commencé la guitare vers 13 ou 14 ans, quand on a déménagé avec mes parents à la montagne, sans téléphone, sans électricité. Je chantais déjà, et j'écrivais beaucoup, beaucoup de poèmes parmi d'autres choses, donc c'était naturel de combiner les deux en cherchant des accords...
Je peux composer avec guitare, basse, clavier, batterie, et puis même juste a capella, mais je joue très mal, c'est dommage mais je ne me suis jamais vraiment amélioré depuis mes 15 ans !

 

 

 

  

 

Qui était l'adolescente Brisa Day Roché à 14/15 ans ? Qu’écoutais-tu comme musique ?


A cet âge-là j'écoutais les musiques de mes parents: Joni Mitchell, Paul Simon, Donovan, The Beatles, Kate Wolf, Talking Heads, Rolling Stones, Beach Boys.. J'avais des amis qui écoutaient The Cure et The Smiths, Sinead O'Connor...
Mais jusqu'à mes 16 ans j'écoutais principalement les musiques de mes parents, et je composais dans un sens très folk, très Joni Mitchell.


Tes parents ont-ils influencés tes gouts musicaux et artistiques lors de ton adolescence ? Et (Ou) d'autres personnes ?


A 16 ans j'ai quitté la maison, et je suis partie à Seattle. Il y avait un magasin de cassettes d’occasions. C'est là où j'ai connu The Sugarcubes, Joan Armatrading, Aretha Franklin, Cocteau Twins...
Je me demande quand est ce que j'ai commencé à rencontrer le jazz ? Faut dire qu'au States, le blues et le jazz sont une espèce de BO constante, je les connaissais sans effort, comme le bluegrass etc.

 

   

 

Peux-tu me dire quelques mots sur The Amazing Dimestore, ton premier groupe. Quel style de musique faisiez-vous ? Combien de temps a duré cette formation ?


J'ai retrouvé récemment 3 cassettes avec notre musique de l'époque, mais je n'ai plus rien pour les écouter ! Et je les ai re-rangé dans un carton... Dans mon souvenir, c'était un peu « Cowboy junki(esque) ». On répétait tard la nuit à l’Egyptian Movie Theatre.
Mais on n'a jamais joué "dehors"... Je suis restée proche avec Mike Minney qui vit toujours à Seattle... Le groupe a duré un an.


Comment se sont développés tes goûts musicaux de l'adolescence jusqu'à l'enregistrement de ton premier album ?


A 18 ans j'ai rencontré deux artistes: CAN et PJ Harvey. Les deux m'ont énormément influencé.
Puis j'ai eu une vie de jazz, genre pendant 8 ans, où je me suis complètement plongé dans une vie d'une autre époque, une vie dangereuse en soit, et musicalement aussi (mais d'une façon positive).
Mais au moment d'être "découvert" par Blue Note, je n'en pouvais plus de ce danger, j'avais besoin de faire une vraie coupure avec le jazz. Cela a donné l’album « The Chase ».

 

   

 

Ta voix s’adapte aux changements de tonalités et d’octaves avec une facilité assez déconcertante. Tu serais certainement très crédible à chanter un choral de J.S Bach ! Apprécies-tu et écoutes-tu de la musique dite « classique » ? Quels sont tes compositeurs préférés, ceux qui te sont le plus proches ?


J’adore la musique classique mais d'une façon assez peu connaisseuse. J'aime Bach, Chopin, Satie...


Tu parles d'une période "vie de jazz" de quelques années assez "dangereuse en soit" après tes 18 ans... De quels dangers parles-tu ? Le fait de "s'isoler" dans un microcosme musical parfois très "corporatif"? Les "drogues" parfois encore très présentes dans ce milieu (à mon avis guère plus que dans bien d'autres milieux, artistiques ou non) ?


Les dangers d'une vie de jazz: euhhh... il y en a plein, mais pas ceux que tu avais imaginé ! La pauvreté/précarité (j'étais sans papiers aussi pendant les 8 ans qui contenaient ma période jazz).
Le fait de courir auprès de travail dans un monde de mecs (patrons de club et bar etc.. des grands pervers qui te voient arriver et qui abusent de leur pouvoir). Le fait de rentrer tard, seule, dans les quartiers dangereux ou j'habitais forcement. L’alcool.
Le fait de se connecter soir après soir à sa perte, sa tristesse, son deuil, pour transmettre l'émotion de la plupart de ces morceaux, souvent dans un cadre brouillant, bourré, violent…
Le fait de ne pas pouvoir bien s'entendre dans un tel chaos, et de ramer pour être juste, et diriger son orchestre. Le fait de se battre pour bien payer les mecs, etc…
Le fait d'essayer de ne jamais s'appuyer sur une route (dans les morceaux, mélodique ou dans l'impro) qui est sure, qui a été testé, mais de s'obliger à chercher l'improvisation précaire, nouvelle, senti dans l'instant présent, qui peut échouer (toujours dans un cadre souvent pas assez sensible)...
Le fait de devoir s'habiller, être une reine, faire face à ses complexes en portant les mêmes 3 robes pendant des années... Je pourrais continuer !

 

   

 

Cette "coupure" avec le jazz dont tu parles, penses-tu que certaines personnes te l'on reproché... ? Et n'ont pas compris et respecté ton besoin d'élargissement artistique et musical ?


Oui les gens sont toujours fâchés contre moi pour ça, notamment il y avait une personne chez Capitol qui m'a vraiment saboté car je ne voulais pas faire un album de jazz à l'époque... C’est drôle, car maintenant j'en ferais avec plaisir! Mais seulement grâce à mon parcours depuis..


La plupart de gens ont le besoin de mettre les artistes dans de petites cases bien commodes, stylistiquement parlant. Penses-tu parfois que bien des artistes payent le prix de cette liberté, (même si les choses ont malgré tout évolués depuis quelques décennies) ?


J'ai surement égaré plein de fans en faisant chaque fois des choses différentes, mais je ne peux pas faire autrement ! Et ça empire !!! Là j'ai des projets qui partent dans des sens opposés...